Thibault Hache – Mazars

Chef de projets Marketing et Communication – Mazars

 

Avant votre poste actuel, quel fut votre parcours ?

J’ai passé plus de 10 ans dans la banque et l’assurance. J’ai commencé en tant que commercial, avec de rejoindre les équipes marketing d’un courtier en ligne. J’ai également travaillé au sein du marketing de la banque privée ainsi que la direction de la communication de la filiale assurances de cette même banque.

De mon expérience de commercial, j’ai gardé plusieurs convictions :
• d’abord une nécessité de simplification des documents marketing,
• l’expérience que l’on ne propose pas un service avec des caractéristiques, mais un bénéfice qui répond à une « tâche » précise, que le client a besoin de réaliser.

Cela m’a très tôt guidé vers un marketing « centré client ». J’ai ainsi travaillé pour un courtier en ligne, où nos communications et publications devaient convaincre le client « à distance ». J’étais à l’époque en charge des publications et de l’éditorial client, dont un magazine trimestriel.

Lors de la réélection de Barack Obama, j’ai suivi de près l’utilisation qu’il faisait des réseaux sociaux. J’étais fasciné par ce nouveau canal de communication qui permettait de « prendre le pouls » de la population et offrait la possibilité d’une nouvelle forme de communication, plus transversale.

Il est d’ailleurs un des premiers à avoir utilisé des cartes de « citations » sur Twitter par exemple, avec des visuels & polices très soignés.

J’ai alors eu l’opportunité de rejoindre la filiale assurance de la banque qui m’employait à l’époque. J’ai travaillé à mettre en place un dispositif éditorial corporate « incarnant » sur les réseaux sociaux une nouvelle marque tout juste lancée.

Les réseaux sociaux sont en effet un formidable vecteur d’humanisation des marques. J’ai également travaillé à la refonte du site corporate international et l’architecture de son information:  création de profils d’utilisateurs, parcours de navigation et contenus associés.

J’utilisais à l’époque une méthode dont j’ignorais le nom : le Design Thinking.

 

Quel est votre métier de tous les jours ?

Mon métier est aujourd’hui celui de chef de projet dans un groupe d’audit et de conseil. En quelques mots, je travaille sur des chantiers de transformation des activités marketing ou communication, en limitant les risques associés.

J’ai pu travailler sur des sujets très divers : appels d’offres, analytics, réseaux sociaux, génération de leads, inbound marketing, architecture de l’information et expérience utilisateur sur le web.

 

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction dans votre métier ?

J’aime travailler sur des sujets qui présentent une part d’incertitude (d’ailleurs le propre de l’innovation). C’est dans ce genre de situation que la boîte à outil du designer (« design thinking ») est la plus utile. Elle permet justement de limiter les risques, tout en aboutissant à des solutions vraiment porteuses de valeur.

Le design thinking est d’ailleurs pour moi un formidable outil pour aller chercher des « poches de valeur » non encore exploitées, et correspondantes à des besoins latents ou non exprimés.

  

Quelle innovation vous semble notable dernièrement ?

Probablement le paiement par mobile. Cela ouvre des possibilités énormes en termes de marketing. Il va désormais être possible d’obtenir des données liées au contexte d’utilisation, et les banques et acteurs de la Fintech (qui vont avoir accès à ces informations avec la nouvelle directive sur les paiements) vont pouvoir proposer de nouveaux services : fidélisation, etc…

 

Comment voyez-vous votre métier dans le futur ?

Je vois beaucoup de projets de transformation digitale en perspective, et pas seulement en marketing et communication.
De manière générale, je pense que beaucoup de métiers vont évoluer vers un fonctionnement en mode projet.

L’ère est à la transversalité et à l’innovation collaborative !

 

Comment vous imaginez-vous dans 5 ans ?

J’aime beaucoup cette citation de David Bowie qui ouvre un des livres de Philippe Silberzahn sur l’effectuation :

« Je ne sais pas où je vais à partir d’ici, mais je vous promets que ce ne sera pas ennuyeux ! »

L’effectuation est d’ailleurs la logique des entrepreneurs, dont un des principes est celui de la limonade : « si vous on vous donne des citrons, vendez de la limonade ».

Pour citer Philippe Silberzahn,  « alors que la planification stratégique a pour but d’éviter les surprises, les entrepreneurs accueillent celles-ci favorablement et en tirent parti ».*

Une autre chose est certaine : j’aimerais beaucoup enseigner le Design Thinking que je pratique aujourd’hui. Je suis pour l’instant mentor au sein de l’université de Virginie où j’ai suivi une spécialisation en Design Thinking et Innovation.

L’expérience liée à la pratique de ce sujet est telle qu’on ne peut pas la garder pour soi !

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