Julien Noblot – HDS Digital

Responsable Partenariats Editeurs – HDS DIGITAL

 

Avant votre poste actuel, quel fut votre parcours ?

Après des études d’Histoire et de Philosophie, mais sans volonté d’enseigner, il n’a pas été simple de trouver sa place sur le marché du travail. Il est ainsi fait en France, en tout cas en l’an 2000, que les profils atypiques ne sont pas la priorité des recruteurs…Finalement, une personne bienveillante m’a donné une chance pour assurer la régie publicitaire de ses titres de presse professionnelle papier dans le secteur Banque et Assurance. J’ai poursuivi dans cette voie jusqu’en 2006, dans la presse à destination des chefs d’entreprise puis dans la presse professionnelle vins et spiritueux. Le numérique commençait à monter en puissance dans les médias, mais mon patron de l’époque n’y croyait pas, du coup je me suis décidé à changer d’orientation tout en voulant capitaliser sur ma connaissance du média presse. L’occasion m’en a été donnée avec le projet de kiosque numérique www.relay.com lancé au printemps 2006 et que j’ai rejoint en septembre de la même année.

 

Quel est votre métier de tous les jours ?

Mon métier a évolué en fonction de l’évolution du marché de la presse numérique. En 2006-2008, l’accent était mis sur l’évangélisation des éditeurs de presse magazine à ce nouveau mode de diffusion, il s’agissait de créer rapidement un catalogue de contenus référent et pertinent. A partir de 2008 et jusqu’en 2012, une succession de ruptures ont fait évoluer mon métier vers moins de commercial pur et dur et plus vers une dimension expert-conseil : nous avons été les premiers à lancer une offre de forfait multi-titres illimitée qui a modifié les usages sur notre marché, l’arrivée de l’iPad aussi a profondément changé la donne, autant de choses qu’il a fallu justifier ou décrypter. Aujourd’hui, je suis toujours avec cette double casquette : d’un côté un travail dédié au recrutement de contenus auprès des éditeurs de presse magazine, à la négociation des contrats, à l’animation commerciale du service ; mais aussi d’un autre côté, travailler à l’avenir du service en tenant compte des dernières évolutions du secteur.

 

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction dans votre métier ?

Décrocher un nouveau contrat, surtout lorsqu’il a demandé beaucoup d’investissement en temps et en travail est toujours une satisfaction. Maintenant, il est vrai que la projection sur la transformation digitale des médias, de presse notamment, est un sujet passionnant car cela va des technologies liées à l’éditorial jusqu’à la création de nouveaux business model, un sujet vaste et divers donc qui me fait gagner en compétences.

 

Quelle innovation vous semble notable dernièrement ?

La réalité virtuelle me semble une innovation vraiment majeure, car bien au-delà du premier abord des jeux cela ouvre un champ incroyable d’opportunités et de possibilités dans le monde professionnel : médecine, aéronautique, automobile, défense…La blockchain est aussi un point intéressant notamment pour faciliter les échanges dans un monde où ils ne sont pas si fluides que cela.

 

Comment voyez-vous votre métier dans le futur ?

Cette question est intimement liée à celle de l’évolution de mon secteur et du coup comme de coutume, il me faut préciser d’emblée que « mes propos ne reflètent pas nécessairement la position de mon employeur ». Concrètement, je pense que mon métier va disparaître, car le service que nous opérons aujourd’hui est de mon point de vue amené à disparaître. En 2006, rien n’existait, tout était à faire et le marché de la presse magazine trouvait utile qu’un tiers se lance et fasse tout le travail en prenant tous les risques. A partir du moment où preuve a été faite que ce marché pouvait exister et être viable, que le coût des technologies avait fortement baissé, il devenait évident pour les éditeurs qu’ils pouvaient se lancer en direct auprès des consommateurs. Cela leur évite d’avoir à reverser des commissions à des tiers comme nous, et cela leur permet de capter beaucoup plus de données qu’ils pourront exploiter par la suite. Par ailleurs, comme dans la vidéo, le sport ou la musique, les opérateurs télécom ont fait une entrée remarquée sur ce créneau du kiosque numérique, avec des moyens importants qui sont les leurs, et un modèle économique basé sur la gratuité pour le client final que nous ne pouvons assumer de notre côté. Notre position d’intermédiaire est donc fortement menacée, mon métier aussi. Il faut peut-être reconnaître humblement que mon métier, comme notre service, aura eu une fonction de passeur et que la mission arrive à son terme. Heureusement les possibilités de rebond existent !

 

Comment vous imaginez-vous dans 5 ans ?

Je fais partie d’un groupe très présent dans le retail (dans l’environnement des transports), depuis 10 ans je travaille dans le digital, j’espère pouvoir me dire dans 5 ans que j’aurais été l’un des artisans d’un rapprochement réussi entre ces deux univers. Quand on voit les mouvements opérés par Amazon, qui devient de plus en plus physique, on peut légitimement se dire que la réalité du commerce de demain se situe dans un mix des deux univers, ce qu’on appelle parfois le « phygital ».

 

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