Alexandre Miletitch – LafargeHolcim

Responsable communication corporate – LafargeHolcim

 

Avant votre poste actuel, quel fut votre parcours ?

Mon parcours est celui d’un créateur de contenu, d’un raconteur d’histoires. A l’origine, je me suis lancé dans des études littéraires puis en relations internationales dans l’optique de devenir journaliste. Au fur et à mesure de mes expériences, j’ai bifurqué vers un domaine « cousin », la communication éditoriale, dans laquelle j’ai effectué mes débuts à l’agence Ogilvy. J’avais la responsabilité de mettre en scène les contenus de grands comptes du Groupe Ogilvy, comme la Caisse d’Epargne, IBM, Nestlé dans leurs magazines print et leurs sites web.

Ce premier contact avec le web m’a donné envie de me spécialiser dans le digital. Cela m’a conduit d’abord à rejoindre une agence de contenus 100% web, Dixxit, puis le groupe Lafarge en tant que Responsable éditorial digital. Mon rôle était de coordonner la production de contenus sur l’ensemble de l’éco-système digital du groupe, en interne et en externe (intranet, site corporate, réseaux sociaux). Un rédacteur en chef digital corporate, en quelque sorte !

J’ai occupé ce poste jusqu’en 2015, date de la fusion du groupe avec Holcim pour former LafargeHolcim, où j’officie en tant que Responsable communication corporate.

 

Quel est votre métier de tous les jours ?

Mon métier consiste à faire entendre la voix de mon entreprise auprès de ses audiences. Cela implique de sélectionner les bonnes histoires, les bons formats, les bons canaux pour faire passer les bons messages aux audiences avec le maximum d’impact.

Concrètement, il s’agit de produire des contenus pour le site web corporate, les comptes réseaux sociaux du Groupe, mais aussi de concevoir des événements ou des campagnes multicanal, notamment sur les réseaux sociaux.

Ce métier réclame d’abord du relationnel avec les différents métiers et départements, afin de faire remonter les histoires et saisir les subtilités des sujets. Il demande aussi de la rigueur et de la créativité pour maintenir un flot d’information continu, régulier et en ligne avec les grands messages-clés du Groupe.

 

Qu’est-ce qui vous apporte le plus de satisfaction dans votre métier ?

En deux mots, je dirais les rencontres et la connaissance de l’entreprise. Ce sont les privilèges des créateurs de contenus : pour produire des histoires qui font « mouche » auprès des audiences, il faut interroger les professionnels des métiers de l’entreprise, ce qui amène à côtoyer des profils très variés, basés aux quatre coins du monde. Pour moi, les découvrir et les faire partager de manière impactante avec les audiences est une grande satisfaction. Être en contact permanent avec ceux qui font l’activité de l’entreprise au quotidien permet aussi d’acquérir une réelle compréhension des enjeux business de l’entreprise. Cela se traduit par un supplément d’intelligence dans les contenus, ce qui est indispensable pour une communication pertinente, et cela me procure également beaucoup de plaisir.

 

Quelle innovation vous semble notable dernièrement ?

La réalité virtuelle (VR) a le potentiel pour apporter une véritable nouveauté dans la création de contenus d’entreprise. Elle peut permettre une immersion inédite dans les activités de l’entreprise et proposer une expérience unique de l’entreprise : voyage au cœur des processus de fabrication, plongée dans l’infiniment petit ou l’infiniment grand, découverte des produits et de leur utilisation sur le terrain, aventures humaines extraordinaires. La VR peut aussi amener un nouveau ton, au carrefour du film, de l’animation et du gaming.

Malgré ses promesses, la VR demandera du temps pour s’imposer. Pour changer la donne en profondeur dans la production de contenus, elle devra d’abord se démocratiser dans les usages quotidiens et devenir un vrai canal de diffusion capable de toucher une large audience.

 

Comment voyez-vous votre métier dans le futur ?

Les entreprises vont devoir se faire une place toujours plus grande dans un contexte où l’attention des audiences sera toujours plus difficile à capter sur les canaux digitaux. Les canaux digitaux et notamment mobiles vont gagner encore plus de place aux dépens des médias traditionnels, surtout avec l’avancée en âge des générations « digital natives ».

Les concepteurs de contenus de demain devront donc mettre les bouchées doubles pour faire entendre la voix de leur entreprise. Pour certaines, il faudra devenir un véritable média digital, pour d’autres, devenir producteur de divertissement, en tout cas, apporter une valeur ajoutée aux audiences en termes d’expérience. Cela s’appliquera aussi bien à la communication commerciale qu’au discours corporate. Le brand content a de beaux jours devant lui !

 

Comment vous imaginez-vous dans 5 ans ?

Toujours dans la création de contenus, essentiellement dans le digital, mais avec une équipe plus importante, j’espère.

 

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